Introduction générale

L’informatique

Le mot « informatique » est créé en 1962 par Philippe Dreyfus, un informaticien français. Ce terme traduit « Informatik », un mot un tout petit peu plus ancien, créé en 1957 par l’ingénieur allemand Karl Steinbuch pour contracter la notion d’« information » et celle d’« automatique ».

On peut donc dire que le mot « informatique » désigne la science du traitement automatique de l’information.

Il faut noter qu’il existe différents types d’informatique :

  • l’informatique numérique, que nous connaissons majoritairement aujourd’hui ;
  • l’informatique analogique, qui a précédé historiquement l’informatique numérique et qui revient aujourd’hui à la mode comme une informatique de niche (voir notamment Anabrid) ;
  • l’informatique quantique, qui est une informatique qui exploite non uniquement les principes de la physique classique mais aussi ceux de la microphysique ou physique quantique pour effectuer des calculs.

L’ordinateur

On entend par « ordinateur » un système de traitement de l’information programmable. Les ordinateurs numériques que nous connaissons majoritairement aujourd’hui fonctionnent par la lecture séquentielle d’un ensemble d’instructions, organisées en programmes, qui lui font exécuter des opérations logiques et arithmétiques.

Le mot

Le mot français « ordinateur » est introduit par IBM France en 1955. Il s’agit d’un mot proposé par le professeur de latin et de théologie Jacques Perret sur demande du service de publicité d’IBM.

IBM cherchait alors à obtenir un public plus large, il fallait donc éloigner l’idée que leurs appareils étaient uniquement destinés à des calculs et donc aux mathématiciens et rapprocher plutôt leurs possibilités d’usage de la notion plus large d’information. Cette exigence demandait de se distancer du terme anglais « computer » qui aurait été traduit en français par « calculateur ».

Ordinateur et informatique

« L’informatique ne porte pas davantage sur les ordinateurs que l’astronomie ne porte sur les télescopes. » Il semble que ce soit Edsger Wybe Dijkstra, mathématicien et informaticien néerlandais, qui soit à l’origine de cette citation, mais cela n’est pas sûr.

Quoi qu’il en soit, il s’agit bien ici de corriger une idée reçue : croire que l’informatique serait avant tout « l’étude des ordinateurs ». En réalité, l’ordinateur n’est qu’un objet technique, comme le télescope pour l’astronome. L’astronomie étudie les astres, pas les instruments d’observation. De même, l’informatique étudie les processus d’information, les mécanismes de traitement de l’information, les algorithmes et plus généralement les manières de résoudre différentes sortes de problèmes, indépendamment de la machine utilisée.

Les concepts d’abstraction, de modélisation, d’opération, etc. existent même sans ordinateur. On peut par exemple simuler un algorithme à la main. Autrement dit, l’objet technique ne définit pas la science, il rend possible sa pratique.

La question du « premier ordinateur »

Il s’agit d’une question difficile qui implique de très nombreux critères. Voici une traduction de la liste des « premiers », l’une des plus claires, proposée par Herbert Bruderer dans son Milestones in Analog and Digital Computing, Volume 1 (3e éd.), pp. 980-981.

  • Premier ordinateur à relais, à programme fixe, conçu pour une tâche spécifique, et accessible à distance : Complex Computer (1939).
  • Premier ordinateur à relais binaire, contrôlé par programme, utilisant la notation en virgule flottante : Zuse Z3 (1941).
  • Premier ordinateur binaire à programme fixe, pour usage spécialisé, utilisant des tubes à vide : ABC (1942).
  • Premier ordinateur américain à relais programmable : Bell 2 Computer (1943).
  • Premier ordinateur à grande échelle, pratique et fonctionnel, à usage spécialisé, utilisant des tubes à vide : Colossus 1 (1943).
  • Premier ordinateur à tubes à vide produit en série pour une tâche spécifique : Colossus 2 (1944).
  • Premier ordinateur universel à relais fonctionnel aux États-Unis : Harvard Mark 1 / IBM ASCC (1943-1944).
  • Premier ordinateur à relais, contrôlé par programme, disponible commercialement : Zuse Z4 (1945).
  • Premier ordinateur universel à tubes à vide fonctionnel : ENIAC (1946).
  • Premier ordinateur hybride (relais + tubes à vide) rudimentaire, avec programme enregistré : IBM SSEC (1948).
  • Premier ordinateur expérimental à tubes à vide avec programme enregistré : Manchester Baby (1948).
  • Premier ordinateur à tubes à vide, pratique et fonctionnel, avec programme enregistré : EDSAC 1 (1949).
  • Premier ordinateur à tubes à vide avec programme enregistré, disponible commercialement : BINAC (1949).
  • Premier ordinateur à tubes à vide avec programme enregistré, construit aux États-Unis : BINAC (1949).
  • Premier ordinateur à tubes à vide, produit en série et vendu commercialement : Ferranti Mark 1 (1951).
  • Premier ordinateur à tubes à vide, produit en série aux États-Unis : UNIVAC 1 (1951).
  • Premier ordinateur scientifique à tubes à vide construit aux États-Unis en plusieurs exemplaires : ERA 1101 (initialement Atlas 1, vendu sous le nom ERA 1101 à partir de 1951).
  • Premier ordinateur à tubes à vide capable de fonctionner en temps réel : Whirlwind (1951).
  • Premier ordinateur scientifique à tubes à vide produit en série par IBM : IBM 701 (1952).
  • Premier ordinateur à tubes à vide avec programme enregistré, produit en série : IBM 650 (1953).